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10 mars 2026

"Caserne 1900" de Léon Werth

Bon, je sais, cela se passe bien avant 14-18, mais à la limite, peu importe, cela pourrait tout aussi bien se dérouler durant la guerre, au dépôt. Et comme nous étudierons plus tard Clavel soldat, j'ai jugé utile de présenter le récit de son expérience en caserne. Donc là, ce ne sont pas des lieux ni des dates qu’il faut trouver, mais des noms.

Léon Werth (1878-1955) a fait son service militaire du 14 novembre 1899 au 25 septembre 1900. Il a raconté ses dix mois de service dans un récit peu connu et publié seulement en 1993 (chez Viviane Hamy), soit près de quarante ans après sa mort : Caserne 1900
S’il n’indique pas le n° de son régiment ni sa ville de garnison, on sait que Werth fût incorporé au 133RI à Belley, « une petite ville du Bugey », comme indiqué page 11. Le 133e y casernait depuis 1873.


Un mot sur la photo de couverture : elle représente Léon Werth en uniforme mais ne fut pas prise durant son service militaire. Un agrandissement permet de lire le chiffre 52 sur le col de sa vareuse. Werth a fait son service au 133e RI, a été mobilisé durant la guerre au 111e Territorial puis a été versé au 252e, mais il a accompli une période d'exercices avec le 52e RI du 5 au 27 novembre 1913. La photo fut probablement prise à ce moment-là. Elle est donc plutôt à rapprocher de Clavel soldat (moins d'un an la sépare du début du récit) que de Caserne 1900 (quatorze ans d'écart).

 

p. 16, le capitaine Cimier : on apprendra page 67 qu'il a fait St-Cyr. Dans la vie, il s’agit de Marie Émilien Mercier (1868-1930). Cimier-Mercier, c'est presque une anagramme. Sorti de St-Cyr (promotion Tombouctou, 1887-1889), il a été nommé capitaine le 12 juillet 1899.

 

p. 20, lieutenant Guliani : sans doute le principal militaire de ce récit, Guliani est Corse et a fait St-Maixent. Il est « presque nain », de petite taille (p. 23), car il mesure 1 m 58 (p. 92). Dans l’annuaire de 1900, Ferdinand Faggianelli campe ce personnage. Lieutenant depuis le 24 mars 1892, il est lui-même Corse, ancien de St-Maixent (1889-1890), et mesure en effet 1 m 58. L’auteur nous apprend aussi dans son roman que le Corse approche de la quarantaine. C’est bien le cas du lieutenant Faggianelli, né en 1864 ; en 1900, il a donc 36 ans.

 

p. 39, l'adjudant Roune : ce sous-officier s'appelait très probablement Renou.

 

p. 42-44, les sergents : les vrais noms des sergents Monteil (p. 42), Tassart (p. 43) et Bourgoin (p. 44) n'ont pas été trouvés.

 

p. 46-47, caporal Housson, natif du Jura : non identifié.

 

p. 48, le général de brigade Berton : c'est le général Antoine Arthur Lachasse (1842-1925), commandant la 27e brigade d'infanterie du 16 décembre 1898 au 13 janvier 1901. Il avait commandé auparavant le 91e RI.


p. 51, Noiraud : soldat non identifié.

 

p. 54, le médecin auxiliaire Mérillon : un médecin auxiliaire est un adjudant, ce n'est donc pas un officier qui pourrait avoir son nom dans l'annuaire. Je n'ai donc pu savoir de qui il s'agissait.


p. 54, Berland, le mouchard : anagramme de Lambert ?


p. 56, lieutenant Duparc, commandant le 2e peloton : officier non identifié.

 

p. 78, le colonel : c'est un « petit bonhomme d’aspect sénile ». Anonyme dans le récit, dans la vie il répond au nom de Jules Valéry Mercier (1840-1905), sans rapport avec le capitaine du même nom vu plus haut. Mesurant 1 m 61, il est en effet de petite taille. Avant le 133e, il avait été quatre ans durant, entre 1892 et 1896, lieutenant-colonel au 74e RI. Il prendra sa retraite en 1901.

 

p. 78, courte allusion au capitaine d’habillement du régiment : les annuaires de 1898 à 1901 démontrent qu’il s’agit du capitaine Henri Michel Pierre Dezile, né à Paris en 1850.

 

p. 78, le capitaine Liotard : je n’ai pu l'identifier.

 

p. 83-86, la barbe : mis à part les officiers et sous-officiers, les conscrits ne portaient quasiment jamais la barbe. On sait que Léon Werth (alias Georges Court dans le récit) l'arborait. On lui en fit le reproche, et il en donne ici d'excellentes pages.
Est-ce lui au quatrième rang, cinquième soldat en partant de la gauche ?  Gros plan ci-après.


p. 87-90, le sous-lieutenant Pierre Bassy : camarade de lycée de l’auteur, on apprend qu’il mourra en 1915, capitaine dans un régiment de zouaves. Il s’agit de François Bassieux (1877-1915), tué le 24 avril, capitaine au 1er Régiment de Zouaves.

 

p. 91, commandant Raulin : il est à la tête du 1er bataillon (photo de la caserne ci-dessous). Entre les réels commandants Quais, Mourier, Bernard, Mesnard et Durand de Gevigney, je ne sais pas qui se cache sous ce nom.


p. 92, capitaine de Langlade : officier non identifié


p. 92, le lieutenant Ruchet : peut-être le lieutenant Irénée Paul Reverchon (1873-1959) ?

p. 94, lieutenant Gauteron : non identifié


Pour la petite histoire, Léon Werth a forcément croisé, et peut-être même a-t-il été sous les ordres du lieutenant Louis Peyre et du sous-lieutenant Antoine Moyret (ci-dessous capitaine en mars 1918) qui seront tous deux plus tard chefs de bataillon au 112e RI, unité qui m'est chère ; mais sans doute n’a-t-il pas eu le temps de rencontrer Philippe Pétain, le futur maréchal, alors chef de bataillon depuis le 12 juillet 1900. Nouvellement nommé au régiment, Pétain était détaché à l’école normale de tir en tant qu’instructeur.  

 

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