Autour de mes publications

09 novembre 2022

Le Beau-Rivage : dater un cliché du photographe Jean Gilletta

Dans l'ouvrage Hôtels & Palaces - Nice, une histoire du tourisme de 1780 à nos jours, publié en 2019 par les éditions Gilletta, on remarque p. 54 la photo ci-dessous ainsi légendée :
« Jean Gilletta, Hotel Beau Rivage, vers 1900 ».
 

       cliché

Ce cliché fait partie de la collection des éditions Gilletta et est référencé comme tel dans la photothèque du site internet de cet éditeur [1].

La photographie illustre également une affiche promotionnelle pour l’hôtel Beau-Rivage sortie des ateliers photographiques Robaudy, à Cannes, à une date inconnue [2]. Elle était en vente il y a peu au marché des antiquaires du lundi sur le cours Saleya (au prix de 750 € tout de même) et chez un libraire niçois qui en possédait plusieurs exemplaires sous cadre que l’on pouvait acquérir pour 300 €, ce qui est plus raisonnable.

                110x75

Les archives départementales des Alpes-Maritimes possèdent à la fois une reproduction du cliché au format 75x45 daté « approximativement vers 1895 » [3], et une copie de l’affiche de dimension 100x75 millésimée « approximativement vers 1900 » [4]. On a pu voir il y a quelques années cette affiche légendée « circa 1895 » sur des sites de vente en ligne.

Signalons enfin que tout en conservant ses droits et sa plaque, le photographe Gilletta a peut-être vendu son cliché à l’imprimeur lyonnais Eugène Deloche, car cette vue existe également en tant que carte postale éditée par ce dernier et ainsi titrée : Nice – hotel beau rivage.

        DF1


Jean Gilletta

Aîné d’une fratrie de trois garçons, Jean Baptiste Gilletta est né à Levens le 1er mai 1856 dans une famille d’agriculteur. Très jeune, il devient à Nice l’assistant du photographe paysagiste Jean Walburg de Bray (né en 1839 à Orléans) qui le forme au métier. 

Jean Gilletta

C’est d’ailleurs cette profession que Jean Gilletta déclare lorsqu’il sera appelé sous les drapeaux dans les tout derniers jours de décembre 1877. Mesurant 1m75, ce qui est-dessus de la moyenne nationale à l’époque, il effectue son temps de service au sein du 111e régiment d’infanterie en garnison à Antibes qu’il quitte le 30 septembre 1878. Sans doute le soldat Gilletta a-t-il réalisé quelques clichés de caserne, mais ils nous sont inconnus à ce jour.

Lorsque Walburg de Bray délaisse Nice pour Cannes vers 1880, Jean Gilletta envisage d’acheter une partie du fonds de son ancien patron. Il crée une maison d’édition en 1881 avec pour associé un certain Paulin Gilly, puis seul, en 1889 : « Giletta éditeur photographe et photographe paysagiste à Nice » [5].

En 1897, il fonde avec ses frères une maison d’édition de cartes postales. C’est grâce à la diffusion sous cette forme qu’un grand nombre de ses clichés ont été mondialement connus. Photographe des villes et villages du Midi, des montagnes maralpines et savoyardes comme des paysages d’autres régions, Jean Gilletta a réalisé près de 8000 clichés durant sa carrière [6]. Décédé en février 1933, il est sans conteste et sans partage le photographe niçois le plus célèbre. 

Le Beau-Rivage

Hors un mémoire pour la maîtrise d’histoire [7], l’hôtel n’a pas encore fait l’objet d’une monographie officielle [8]. Le Beau-Rivage a ouvert ses portes en janvier 1880 dans une maison érigée au début des années 1830 par le comte Louis d’Ongran, consul (maire) de Nice en 1828.

Victoire Schmitz

Propriété de Victoire Schmitz (v. 1814-1901), qui possède également l’Hotel des Étrangers et le Grand Hotel, le Beau-Rivage occupe l’angle sud-est (boulevard du Midi/rue Bréa) d’un îlot composé de quatre maisons contiguës. On appelait maison ce que l’on nomme aujourd’hui immeuble. Il n’était pas rare en effet de voir des particuliers fortunés se faire construire une demeure de quatre ou cinq niveaux. Chacun des trois enfants du comte d’Ongran avait ici son étage. Le rez-de-chaussée comprend la salle de réception, l’écurie et la remise pour le fiacre ; les combles servent au logement du personnel. Cette acquisition permet à Mme Schmitz d’avoir un établissement avec vue sur la mer. 

En 1883, elle loue la maison positionnée à l’angle du boulevard du Midi et de la rue Van Loo à Stéphanie Gilly, sœur de Jules Gilly – l’éphémère édile de Nice dont une artère au bout du cours Saleya rappelle le souvenir – , avant d’acquérir en 1892 une maison élevée de deux étages en 1834 par le comte Caissotti de Roubion à l’angle des rues Saint-François de Paule et Bréa. 

De retour d'un pélerinage à Rome en novembre 1887, la jeune Thérèse Martin, qui n'est pas encore Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus et pas plus connue sous le futur nom de Thérèse de Lisieux, y passe une nuit. Lorsqu’ils se rendent à Nice entre 1887 et 1890, les ministres de la Guerre successifs descendent au Beau-Rivage ; Anton Tchekhov y séjourne à deux reprises, en avril 1891 et octobre 1894. De nos jours, l’immeuble existe toujours mais l’hôtel a définitivement abandonné la maison sud (devenue la Résidence Beau-Rivage) au début des années 1980 et n’a rouvert qu’en 1987 avec une entrée sur l’arrière.

 

DESCRIPTION D’ENSEMBLE 

Il fut un temps où cet hôtel, et encore plus la Jetée-Promenade visible en arrière-plan, étaient fréquentés par l’aristocratie et la haute société. Ils étaient tous deux le sujet de nombreuses photographies éditées en cartes postales et, en prenant comme sujet l’hôtel, un photographe n’omettait pas d’y adjoindre le Casino sur pilotis. Démantelé par les Allemands en 1944, on connaît la triste fin de la Jetée-Promenade. Ce n’est pas le lieu de conter son aventure : le bâtiment et son histoire ont été la matière de plusieurs expositions et conférences et le thème de maints travaux [9].

échelle

L’angle de prise de vue est idéal : monté sur une grande échelle comme sur la photo ci-contre, Jean Gilletta ou son assistant capture à la fois l’hôtel et la Jetée-Promenade, présentant leur plus beau profil, celui que l’on verra le plus souvent en photos et en cartes postales. Pour le Beau-Rivage, c’est aussi celui de l’hôtel original.

Cinq personnes, dont au moins deux employés reconnaissables à leur tablier blanc, posent pour la caméra devant l’entrée principale. Sur la promenade, huit personnes sont présentes dont deux regardent le photographe. Parmi ces deux, un homme sur un banc au dossier réversible avoisine une femme de noir vêtue – est-elle en deuil ? – contemplant la mer ; les autres regardent l’hôtel. D’après la projection de leur ombre, courte et en direction du nord, il pourrait être midi.

       gp 

Toutes les fenêtres des chambres de l’hôtel Beau-Rivage donnant sur la rue Bréa sont fermées. De part et d’autre de l’entrée deux véhicules sont à l’arrêt : passé et présent, tradition et modernité, hippomobile et automobile. L’omnibus est prêt à partir chercher des clients à la gare, et les deux chevaux (dont un seul est visible sur la photo) n’attendent que le coup de fouet du conducteur installé sur son siège. Derrière l’omnibus, un vieil homme fixe l’objectif.

Les palmiers cachent la vue de la Promenade des Anglais et ne permettent pas de voir distinctement quel établissement se trouve sur l’emplacement de l’actuel hôtel Méridien.

Les fenêtres et mansardes permettent cependant d’identifier l’Hôtel des Anglais.

Nagel

 

DATATION DE LA PHOTOGRAPHIE

Situé au 1, promenade des Anglais, l’Hôtel des Anglais n’a pas été rasé en 1909 pour laisser place au Ruhl contrairement à ce qu’on lit souvent. Dirigé depuis 1892 par l’Allemand Hugo Nagel (1855-1927) ci-contre, il est encore référencé dans l’annuaire en 1911 ainsi que dans le recensement de la ville de Nice la même année [10]. L’Hôtel des Anglais fait paraître des publicités dans la presse locale jusqu'en avril 1911 avant d’être racheté par Henry Ruhl sept mois plus tard. La démolition eut donc lieu au cours de l’année 1912.

Sur le boulevard du Midi, les balcons du deuxième étage du Beau-Rivage ont été posés au tournant du siècle et constituent le premier indice d’une date postérieure à 1895. Ce qui nous amène à nous interroger sur la date de prise de vue.

L’automobile à l’angle de la rue Bréa pourrait être une Panhard & Levassor Marquise 1908 ou mieux une Fiat 24-40 HP. Avec un avant particulièrement bas et deux portes vitrées à l’arrière, cette voiture fabriquée à Turin à partir de 1906 était très prisée des grands hôtels européens au début du xxe siècle. Elle appartient au Grand Hotel dont l’inscription est bien lisible sur son pavillon. Sa conduite est à droite, comme c’est alors l’usage. 1906 ou 1908, autre indice de datation.

Sous le balcon du premier étage du Beau-Rivage, on distingue une grande marquise. Or, celle-ci a été placée après le 12 juillet 1907, date d’autorisation de la demande (agrémentée du dessin ci-dessous) déposée en mairie douze jours plus tôt [11] par Paul Schmitz, le nouveau propriétaire de l’hôtel depuis le décès de sa grand-mère Victoire Schmitz. 

                                Marquise

 À défaut d’être plus précis, nous pouvons néanmoins affirmer que la photo de Jean Gilletta a été prise entre juillet 1907 et 1912.

Merci à R. P. pour son aide.


[1] Il a été ajouté à notre demande (octobre 2022).

[2] Il existe deux exemplaires de cette affiche reproduisant la même image. Dans la seconde version, plus récente, le texte vantant l’hôtel est étalé sur quatre lignes : « En plein midi au bord de la mer / Concerts dans le Grand Hall / Appartements avec bains & toilette / Ascenseurs – chauffage central ». Le Beau-Rivage a disposé d’un deuxième ascenseur avant 1908.

[3] Archives départementales des Alpes-Maritimes (à présent ADAM), 49FI 0112.

[4] ADAM, 06FI 2247.

[5] Depuis sa collaboration avec Paulin Gilly, Jean Gilletta avait supprimé un l à son nom.

[6] Jean-Paul Potron, Jean Gilletta, photographe de la Riviera, éditions Gilletta-Nice-Matin, 2009.

[7] Première analyse économique de l’hôtel Beau Rivage (1882-1969), mémoire pour la maîtrise d’histoire, sous la direction de Ralph Schor, université de Nice, octobre 1988.

[8] Rappelons que nos travaux, Le Beau-Rivage. Chronique d’un hôtel niçois des origines à nos jours, sont inédits.

[9] Voir notamment, Jean-Paul Potron, Le Casino de la Jetée-Promenade, éditions Gilletta, 2014.

[10] ADAM, 06M 0149.

[11] Archives municipales de Nice, 2 T 214-558.

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22 septembre 2022

Chronique de l'hôtel Beau-Rivage (nouvelle édition)

Une nouvelle impression de ma Chronique de l'hôtel Beau-Rivage est sortie des presses aujourd'hui. D'un format plus grand (17x24) que l'édition originale, cette nouvelle version comporte une quinzaine de pages supplémentaires.
Seuls deux exemplaires ont été imprimés.

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15 juin 2022

Le séjour de Matisse au Beau-Rivage

Tiré de mon ouvrage inédit Le Beau-Rivage. Chronique d'un hôtel niçois des origines aux années 1980, mon article « À propos du séjour d'Henri Matisse à l'hôtel Beau-Rivage »  n'intéresse pas le musée Matisse de Cimiez qui édite pourtant une publication genre Revue des études matissiennes
Il est vrai que les historiens, ceux de l'art comme les autres, pratiquent généralement l'entre-soi lorsqu'il s'agit de publication, et le texte d'un "simple employé d'hôtel" que je suis ne peut guère être pris au sérieux. C'est bien dommage ! J'apportais pourtant de nouveaux éléments : localisation de sa chambre, confrontation de ses dires sur la météo, etc. 
Moins regardante sur l'origine et la sociologie de ses contributeurs, l'excellente revue maralpine Recherches régionales était intéressée mais c'est moi qui ai finalement renoncé. Il faut dire que j'utilisais sans autorisation les tableaux du peintre ; et mon texte, sans ces photos, ne donne pas la même saveur et ne rend pas le même visuel. Sans doute que cette difficulté aurait été levée avec la revue du musée Matisse.
Voici le début de mon article :

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Il finira certainement un de ces jours aux archives départementales.

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01 février 2022

Chronique de l'hôtel Beau-Rivage

Aujourd'hui paraît à titre tout à fait confidentiel mon nouvel ouvrage. Confidentiel, car imprimé uniquement en quatre exemplaires, ce petit livre de 113 pages (au format 15x21) non mis à la vente contient des photos dont je n'ai pas demandé les droits. J'ai offert les trois premiers exemplaires et envisage de déposer ultérieurement le dernier aux archives départementales.                             

          Couv1

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07 janvier 2019

Recension dans la revue Félibrige

Alain Costantini, majoral du Félibrige, a fait une recension de mon Lionel des Rieux dans le dernier numéro de la revue Félibrige ("Lou Felibrige" - La revisto n° 310 - janvié-febrié 2019).

n° 310

Sur le site Felibrige.org, on trouve le résumé suivant : 

Lionel des Rieux, Vie et mort d’un poète
Lionel des Rieux, à l’état civil Pierre Sarlandie, est inscrit sur le Livre d’or de Santo-Estello. Condisciple de Charles Maurras au collège catholique d’Aix, il suivit le Martégal en politique, en littérature et au Félibrige. Il est considéré comme un bon poète français. L’auteur, Olivier Gaget, est un spécialiste d’histoire militaire –  Edilivre – 29 €. On peut le commander dans toutes les librairies.

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23 juillet 2018

Vie et mort d'un poète

Vie & mort d'un poète

Parution de Lionel des Rieux, vie et mort d'un poète, mon dernier ouvrage publié chez Édilivre. De son enfance aixoise à sa mort sur les champs de bataille, en passant par la retranscription de son carnet de guerre, voici la biographie de ce poète de l'École romane, membre de l'Action française et ancien condisciple de Maurras au collège catholique d'Aix.

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02 mai 2018

Les notes de Joseph Geay durant son service millitaire

Le nouveau numéro de Roudoule, journal de l’écomusée en terre gavotte, paraît ces jours-ci avec ma nouvelle publication : la présentation et la retranscription du cahier de Joseph Geay, conscrit rostagnois. Ce n'est pas un énième carnet de guerre mais bien le cahier de notes prises par un natif de Puget-Rostang durant son service militaire.

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Le texte publié dans ce numéro commence le 26 novembre 1913, jour de son incorporation au 112e d'infanterie. Il se termine le 31 juillet 1914 alors que les soldats rentrent en catastrophe à Toulon : la Grande Guerre n'est plus très loin.

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05 juillet 2016

Interviewé par Information juive

Victor Malka, que j'ai eu le plaisir de rencontrer à Nice lors du dernier salon du livre qui s'est tenu du 5 au 7 juin dernier, m'a interrogé pour Information juive sur mon livre Les poilus juifs d'un régiment provençal. Son interview paraît dans le n° 361.

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Information juive, juin 2016, p

 

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28 décembre 2015

Une recension dans Genealo-J

Généalo-J, la Revue française de généalogie juive, consacre son numéro hivernal (n° 124) qui vient de paraître à la Première Guerre mondiale. Bernard Lyon-Caen recense mon livre aux pages 55 et 56.

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03 octobre 2015

Compte rendu dans la revue SENS

La revue SENS (Juifs et Chrétiens dans le Monde d'aujourd'hui) vient de publier dans son n° 402 (septembre-octobre) un compte rendu de mon livre.
Du à la plume d'Yves Chevalier, il se trouve aux pages 700-701.

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10 juillet 2015

Les Juifs de Nice morts pour la France

Nice et la Grande Guerre. De l'accueil à l'entraidele nouveau numéro de Nice Historique parait aujourd'hui. 

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Mon article "À nos morts glorieux. Les Niçois de confession juive morts pour la France" se trouve aux pages 112 à 141. Il relate le parcours de chacun des dix-huit Juifs de Nice morts durant ou après la Première Guerre mondiale.
Voici la liste de ces "morts glorieux" :

Lucien BAMBERGER
Léon DEBENEDETTI
Benjamin GOLBERG
Joseph GUETSCHEL
David Raphaël LÉVY
Léon LÉVY
Georges Nathan LUNEL
Yves Pierre Daniel MAYRARGUE
Albert Moïse MESSIAH
Adolphe MOSSÉ
Isaac MOSSÉ
Raoul MOSSÉ
Maklouf René SAMAMA
Donat Nathan SCEMAMA
Maxime SOUSMAN
René SOUSMAN
Nathan TEBOUL
Richard Joseph VALLOBRA

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27 février 2015

Lionel des Rieux, mort il y a 100 ans

J'ai aujourd'hui une pensée pour Lionel des Rieux, sous-lieutenant au 112e d'infanterie. Poète et dramaturge, il fut tué le 27 février 1915, il y a donc cent ans jour pour jour, peu après 14h [à l'heure où je publie ce message] dans le bois de Malancourt en entraînant ses hommes à la conquête d'une tranchée allemande. Je prépare une biographie à son sujet.

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14 février 2015

Nice Historique, juillet-décembre 2014

Dans le double numéro 3-4 (daté de juillet-décembre 2014) de Nice Historique mais paru que ce mois-ci, une recension de mon livre a été faite par Nadine Bovis, p. 270-271.

 

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On lui pardonnera l'erreur, qui n'est pas de son fait, de nommer Roch hacha le Jour de l'An juif, et non Roch hachana.

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19 décembre 2014

Marianne

Le magazine Marianne parle de mon dernier ouvrage dans son ultime numéro de l'année qui paraît ce jour :

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28 novembre 2014

Rencontre avec Jean-Yves Le Naour à Monaco

Dans le cadre d'une exposition et d'un cycle de conférence donnés à l'Auditorium de Monaco, j'ai eu grand plaisir à rencontrer aujourd'hui Jean-Yves Le Naour. 

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L'historien marseillais, qui a préfacé mon livre sur les poilus juifs du 112e RI et qui fut l'un des premiers à citer mon livre du capitaine Rostin, intervenait sur La légende noire des soldats du xve corps avec, comme support, des planches de sa bande dessinée La faute au Midi. 

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Après la conférence, j'en ai profité pour me faire dédicacer quelques-uns de ses ouvrages qui trônent dans ma bibliothèque.

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27 novembre 2014

Une biographie sur Lionel des Rieux

C'est très tôt ce matin que je me suis enfin décidé à écrire la biographie du poète Lionel des Rieux (1870-1915), mort pour la France en février 1915. Je dis "enfin" car cette envie me taraudait en réalité depuis quelques années. Mais si j'amasse de la documentation et fais des recherches à son sujet depuis 2005, j'avoue que la tâche sera ardue car je ne suis pas un critique littéraire.

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12 novembre 2014

une mention sur le site du CRIF

Au lendemain de l'Armistice, le CRIF mentionne mon ouvrage sur une page de son site :

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11 novembre 2014

D'un fonds d'archives à l'édition : parcours d'un document

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 Il y a six ans jour pour jour, 11 novembre 2008, pour le 90e anniversaire de l'Armistice, je présentais Un officier du 15e corps. Carnets de route et lettres de guerre de Marcel Rostin (1914-1916), dans une librairie de Forcalquier (voir ici). Aujourd'hui, 11 novembre 2014, année du Centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, je récidive en intervenant aux archives municipales de Nice dans le cadre de l'atelier "Autour de Jules Belleudy".
Après la présentation de ce personnage et du fonds qui porte son nom par l'archiviste Nadine Bovis-Aimar, j
e relate mon expérience personnelle : comment d'un fonds d'archives un document devient un livre publié. 

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Mon propos n'était pas de parler de l'affaire du 15e corps, encore moins de la guerre proprement dite, mais plutôt de raconter comment j'ai connu le témoignage du capitaine Rostin à travers le fonds Belleudy, puis de détailler tout le travail de retranscription, d'annotations et de recherches entrepris. À l’issue de mon intervention, j'ai inévitablement été interrogé par le public (une quinzaine de personnes) sur l'Affaire

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23 octobre 2014

L'écho des carrières

Pour la promotion de mon livre, j'ai été interrogé en avril dernier par Roselyne Anziani, la très sympathique et dynamique présidente de l'ACJP, l'Association culturelle des Juifs du Pape. Avec un peu de retard, l'interview paraît ce mois-ci dans le nouveau numéro de la revue L'écho des carrières (n° 75, juin 2014, p. 49-53). 

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1 - Quelles sont l’origine et les raisons de votre intérêt pour, d’une part les soldats du 112e régiment d’infanterie d’Antibes, et d’autre part la période de la Grande Guerre ?

Je vais dans un premier temps répondre à la seconde partie de votre question : mon intérêt pour la Première Guerre mondiale. À la fin des années 80, un collègue de travail m’a fait découvrir Orages d’acier d’Ernst Jünger, sans doute le soldat allemand le plus connu en France. J’ai prolongé ma lecture de guerre avec les autres écrits de cet auteur, si bien qu’à l’époque, mes références littéraires étaient allemandes ! Mais c’est à partir de 2001, lorsque je découvre qu’un arrière grand-oncle est mort à la guerre, que je me passionne réellement pour cette période de notre histoire nationale.
Pour ce qui est de la première partie de votre question – pourquoi le 112e ? – je dois d’abord dire que je n’ai aucune attache familiale avec ce régiment. Si mon grand-père maternel a fait la guerre de 14 et l’un de mes arrières grands-oncles est mort pour la France en 1915, ils appartenaient tous deux à des régiments sarthois. C’est au début de mes recherches sur L’affaire du 15e corps que je suis tombé sur la copie des carnets de route de Marcel Rostin, un officier du 112e d’infanterie qui appartenait à ce corps d’armée. Petit à petit, je me suis intéressé à ce régiment ; et comme je me suis attaché par la suite à cet officier, on peut dire qu’en quelque sorte je me suis créé une filiation. 

2 - Pourquoi cibler votre recherche sur les poilus juifs ?
Cela s’est fait naturellement. Je dirai que cette recherche est venue à moi plutôt que le contraire. Ce sont les poilus juifs qui sont « venus me chercher », si je peux me permettre. Je vous vois sourire, alors laissez-moi vous expliquer.
Je venais de créer un site internet sur le 112e d’infanterie – il n’existe plus à présent – lorsque je fus contacté en mai 2006 par le petit-fils d’un combattant de ce régiment qui détenait le carnet de route de son aïeul, Maurice Bertman. J’étais d’autant plus intéressé par ce texte que je préparais à l’époque une édition des carnets et lettres de Marcel Rostin, cet officier dont je viens de vous parler. La première surprise fut de découvrir que les deux hommes avaient été dans la même compagnie, l’un au service de l’autre et le premier citant même son supérieur dans son journal. La seconde surprise, ce qui nous amène directement à votre question, se révéla quelques pages plus loin : dans l’un des feuillets ce soldat évoque sa rencontre avec Raoul Hirschler, l’aumônier israélite du 15e corps dont dépendait le 112e. De plus j’avais déjà croisé à plusieurs reprises dans les lettres de Rostin le nom et l’évocation d’un autre combattant juif : le sous-lieutenant Bokanowski, député de la Seine. Je désirais alors en savoir plus sur les soldats juifs et leur rapport avec la religion en pleine guerre. 

3 - Vous dites avoir eu la chance de réunir les journaux de guerre de trois combattants juifs appartenant au 112e. Comment cela s’est-il fait ?
Une copie du journal de campagne de Maurice Bertman m’a été donnée par son petit-fils. Pour Roger Rebstock, c’est son fils qui m’adressa une retranscription des pages de son carnet de route. Enfin, le témoignage de Maurice Bokanowski m’a été communiqué par une personne qui lui avait consacré un mémoire de maîtrise. Je n’ai donc jamais eu véritablement les carnets entre les mains durant mes recherches, même si par la suite j’ai pu voir ceux de Rebstock. 

4 - Ce sont donc ces trois carnets réunis, ajoutés à votre intérêt pour l’histoire des Juifs, qui ont décidé de l’orientation de vos recherches…
C’est en fait l’inverse : mon intérêt durable pour l’histoire juive, ajouté à la réception d’un premier carnet ont orienté mes recherches pour la suite. Peu après, j’ai senti que j’avais dans les mains quelque chose de très intéressant à exploiter. Je me suis laissé guider et le reste est venu. 

5 - Comment avez-vous identifié les poilus de confession ou d’origine israélite ?
Je possède la liste de tous les tués ou morts de maladie du régiment. J’y ai donc cherché dans un premier temps tous les noms juifs ou susceptibles de l’être. Le Livre d’or du judaïsme algérien (1914-1918) paru en 1919 et celui d’Albert Manuel, 1914-1918 : Les Israélites dans l’armée française, publié en 1921 ont été ma seconde source. J’ai ensuite dépouillé la presse juive : L’Univers israélite, Archives israélites et Le volontaire juif. Enfin, il m’a fallu logiquement élargir la recherche avec les soldats qui ont survécu au conflit.

LOJA

Sachant bien qu’un même patronyme peut être porté à la fois par un Juif et un non-Juif, c’est dans les registres matricules des conscrits que, par grâce à l’identité des deux parents et à leurs prénoms hébraïques, j’ai pu affiner ma sélection.
Je ne prétends pas avoir recensé tous les soldats juifs ayant combattu au sein du 112e. Il eut fallu pour cela éplucher les registres matricules de tous les soldats de la guerre, tâche évidemment impossible à réaliser. Mais le régiment ayant caserné à Antibes jusqu’en avril 1914, j’ai examiné aux Archives départementales des Alpes-Maritimes tous les volumes des classes 1903 à 1914. 

 6 - Combien en avez-vous recensé ?
49. Je comptabilise même des fantassins incorporés durant quelques jours. Parmi eux, quinze sont morts au 112e, deux dans une autre unité. 

7 - Vous avez évoqué au début de notre entretien l’affaire du XVe corps. Pouvez-nous nous en dire un mot ?
Après avoir subit de très lourdes pertes - plus de 4 000 soldats tués entre le 10 et le 20 août 1914 - les Provençaux ont été accusés, dans un article paru le 24 août 1914 dans Le Matin, d’avoir « lâché prise devant l’ennemi » en Lorraine. Cette accusation portée injustement à l’encontre des Provençaux, et qui servait en réalité à dédouaner le commandement militaire, créa une très vive émotion dans tout le Midi. Les soldats originaires de la 15e région militaire furent victimes de nombreuses brimades et vexations (refus de soins, etc.).

 8 - La volonté de réhabiliter les Méridionaux du 15e corps, frappés d’un racisme intérieur, a-t-elle été déterminante ?
Non, absolument pas. Il n’y a pas de rapport entre cette histoire et les soldats juifs. Un de ceux-ci, Maurice Bertman, écrit même ce commentaire peu amène à l’encontre du régiment de Marseille : « Nous avons repris une tranchée française que les Allemands ont pris au 141e sans coup férir car ces lâches se sont rendus sans défense alors qu’ils pouvaient repousser l’attaque. Et ce sera à eux que le XVe corps devra sa mauvaise réputation ». On voit là que ce soldat prend bien soin de se démarquer de ses compatriotes du Midi. 

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9 - Le 112e  rassemblait donc des combattants de tous horizons...
C’est exact. Car paradoxalement, la plus grande part de ces soldats incorporés dans un régiment provençal n’est pas originaire de Provence. C’est pour cela que j’ai intitulé mon livre Les poilus juifs d’un régiment provençal et non Les poilus juifs de Provence dans l’infanterie. Il y a des Juifs algériens et des engagés de l’Europe de l’Est. Pour ce qui est de la Provence, les natifs ou résidents de Marseille sont les plus nombreux. 

10 - Quelles sont les sources qui vous ont permis de détailler le parcours de cette unité, en particulier les batailles auxquelles ont participé ces soldats ?
Toute personne qui souhaite enquêter sur un soldat et/ou son unité doit aller à la recherche de quelques pièces fondamentales. Je pense tout d’abord à l’historique régimentaire que le journal des marches et opérations (JMO) viendra rapidement compléter. Véritable carnet de bord du régiment, le JMO relate les événements vécus au cours d’une campagne. Autre pièce militaire à ne pas négliger : l’état signalétique et des services. Plus connu sous le nom de registre matricule, il est au soldat ce que l’historique est au régiment. 

11 - Cependant votre ouvrage ne se limite pas au récit des combats, vous y abordez beaucoup d’autres sujets qui ont impliqué de votre part des recherches approfondies, en particulier dans le domaine de la pratique religieuse.
Je pense m’être beaucoup investi intellectuellement pour cet ouvrage ; et afin de mieux vous le faire comprendre, je vais employer une métaphore : tel un acteur qui sillonnerait les routes de France sur son vélo afin de s’imprégner de son futur rôle de champion cycliste, je me suis plongé durant plusieurs années dans l’histoire et la religion juives. À ce sujet, j’ai lu la parasha et la haftara* chaque semaine pendant deux ans en même temps que je lisais une grande quantité d’ouvrages sur l’antisémitisme ; et j’ai aussi appris à déchiffer l’hébreu biblique. Bref, je voulais vraiment, mais peut-être naïvement, m’imprégner de toute cette culture, de cette tradition et de cette histoire juives. Mais là où l’acteur quitte son vélo – pour reprendre l’exemple du cycliste – après avoir tourné le film, mon imprégnation fut, plutôt, est toujours, plus profonde de ma part. Ce n’était peut-être pas nécessaire pour mon livre mais je ne voulais pas passer outre. Je ne regrette rien. Ce temps d’étude, ce temps de limoud comme disent les rabbins, m’a été d’une grande richesse. 

12 - Au chapitre 5, vous livrez les impressions et les sentiments exprimés dans leur carnet par ces trois soldats. Dans ce domaine, les Juifs étaient-ils différents des autres ?
Leur façon de raisonner serait-elle différente parce que Juifs ? Je ne le pense pas. Ces trois combattants qui livrent leurs impressions, s’ils sont Juifs, se considèrent avant tout comme Français. La citoyenneté prime sur la religion. Toutefois, on surprendra Maurice Bertman écrivant ce ressenti : « Notre régiment compte nombre de coreligionnaires cités à l’ordre pour faits de guerre ce qui rehausse beaucoup notre renommée ».

                 Renommée

Leur attitude sous le feu serait-elle moindre parce que de confession israélite ? Au contraire ! S’ils tenaient à prouver à leurs détracteurs qu’ils étaient de « vrais Français », ils se sentaient eux-mêmes Français. Aussi, il me semble que les récits de ces soldats pourraient s’appliquer à n’importe quel poilu et s’identifier avec la grande majorité des publications existantes. 

13 - Quelle est la part de l’antisémitisme que vous avez perçu au sein du régiment durant le conflit ?
Dans les documents que j’ai consultés (correspondances, journaux) et qui auraient pu me renseigner à ce sujet, je n’ai perçu aucun antisémitisme. L’union sacrée semble avoir joué pleinement. 

14 - Le travail de l'historien vient renseigner l'histoire familiale et, à l'inverse, les témoignages familiaux viennent enrichir votre travail. Comment se sont passés les contacts avec les familles ?
L’accès aux sources familiales, donc privées, ne fut pas toujours facile. J’ai du relancer plusieurs fois telle ou telle personne afin d’obtenir sa confiance, attendre de longs mois et patienter avant de recevoir une réponse, pas toujours positive. Aussi, lorsque les descendants se livrent, que l’un d’entre eux me fait profiter des carnets de son père, quelle récompense alors ! Avec les documents que l’on m’a donnés et les informations que l’on m’a communiquées j’ai pu avancer dans mes recherches. 

15 - Vous avez déjà publié un livre sur un officier du 112e RI. En quoi cette nouvelle publication est-elle différente ?
Dans mon ouvrage paru en 2008 et intitulé Un officier du 15e corps. Carnets de route et lettres de guerre de Marcel Rostin (1914-1916), je n’ai fait que retranscrire, annoter et présenter des carnets. Celui qui parle c’est Rostin. Avec ce nouveau livre, je voulais passer de la transcription annotée à quelque chose de différent. Et si je donne très souvent la parole aux combattants juifs, je pourrais presque dire que ce n’est qu’un prétexte. La prise de parole de ces soldats sert de fil conducteur à cette étude. Car c’est réellement une étude dans le sens où « j’étudie » ces hommes : comment prient-ils, comment pensent-ils et combattent-ils, combien mesurent-ils, quel métier exercent-ils, etc. 

16 - Pourriez-vous nous décrire ce qui vous a le plus marqué ou surpris, au cours de votre recherche ?
Pris dans le sens positif du terme, ce qui m’a le plus surpris c’est bien évidemment le fait d’avoir obtenu trois journaux de poilus juifs. Trouver des carnets d’un même régiment, ce n’est pas rare mais pas fréquent non plus, mais obtenir trois carnets de poilus juifs issus d’une même unité, c’est vraiment incroyable ! Pris dans le sens négatif du terme, c’est le fait d’avoir eu parfois des portes fermées. Mais c’est le lot de tout chercheur. 

17 - Avant de démarrer notre entretien vous m’avez dit : « On écrit d’abord pour soi, c’est ensuite que l’on décide de publier », que vous a apporté ce travail ?  
La fortune et la gloire (rires). Plus sérieusement, je voulais faire connaître la vie quotidienne des Juifs dans les tranchées. Ce qui m’a sans doute le plus enrichi, c’est l’échange de documents et d’informations avec les descendants directs de ces combattants. Mon but sera atteint lorsque d’autres découvriront le parcours de leurs ancêtres. Qu’ils n’hésitent pas à me contacter ! 

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 La parasha est la section hebdomadaire de lecture de la Torah. Elle est complétée par la haftara, un extrait du Livre des prophètes, qui est choisi en écho et contre-point du discours de la parasha.

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14 octobre 2014

Un article dans Haboné

Le nouveau numéro d'Haboné (n° 182, septembre-octobre 2014), le mazagine de la communauté juive de Marseille et de sa région, vient de sortir. Un bel article de M. Daniel Darmon signale mon bouquin p. 39

Haboné

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